Le patrimoine de Briollay témoigne d'un riche passé historique. Entre la motte féodale où Foulque Nerra fit construire un château féodal et le palais Perrin datant du XII ème siècle, Briollay c'est une longue, très longue histoire...

Origine du nom

Même si l’on n’en a pas la certitude absolue, il est probable que des colonies humaines se sont installées entre Sarthe et Loir, aux premiers âges. Les plus anciennes allusions au village, aux alentours de l’an mil, citent un « CASTELLUM BRIOLEDUM », ou « BRIA AD LEDUM », ou « LETUS », ce qui pourrait se traduire par « PONT SUR LE LOIR ». C’est en tous cas, l’étymologie la plus couramment donnée. Briollay était considéré commie une presqu’île. La construction de la levée, des bacs, puis des ponts a permis à la commune d’être moins isolée surtout l’hiver.

 

BRIOLLAY ENTRE DANS L’HISTOIRE

La Motte feodale La TourC’est avec FOULQUE NERRA que Briollay entre vraiment dans l’histoire. Le fougueux et belliqueux seigneur angevin avait compris tout l’intérêt de ce site stratégique qui permettait de surveiller les voies de communications empruntées par les divers envahisseurs. Sur un éperon dominant la Sarthe, il fit construire une forteresse en 980 et institua une baronnie qu‘il confia à son second, BURCHARD. Plusieurs fois assiégé, rafistolé, le château fut définitivement détruit au XIIme siècle par GEOFFROY LE BEL, le premier de la dynastie PLANTAGENET. Seul subsistait le haut et épais donjon, visible dit-on, d’Angers. La TOUR DE BRIOLLAY, ainsi qu’on l’appelait désormais, avait grande réputation de puissance. Elle était assez vaste pour abriter seigneur et hommes d’armes. Au temps des guerres de religion elle subit l’assaut des Ligueurs.

 

Site ou fût construite la forteresse ordonnée par Foulque Nerra

Henri IV

 

 

C’est là que, revenant du château du VERGER à SEICHES, HENRY IV reçut la soumission de leur chef, le DUC DE MERCOEUR. Cet acte est connu sous le nom de « PAIX DE BRIOLLAY ». Il mettait fin à cette lutte fratricide, préfigurant L’EDIT DE NANTES signé quelques semaines plus tard.

 

 

 

LA TOUR 

La tour résista jusqu’au XIXème siècle, où elle fut démantelée. On dit que ses pierres servirent à la construction de maisons dans le bourg. Il ne reste rien aujourd’hui de cet orgueilleux édifice, sinon la motte féodale (inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques). Elle domine la Sarthe devant le pont. On peut toujours voir le tracé des douves car jadis, bien avant la construction de la route, la rivière baignait les murailles.
A travers les siècles, la baronnie de Briollay passa aux mains de puissantes familles, par mariage ou héritage. Il en fut ainsi de la famille de CRAON, dont l’un des membres, le sinistre GILLES DE RAIS, fut baron de Briollay. Cet arrière-petit neveu de DU GUESCLIN et ancien compagnon de JEANNE D’ARC se dévoya. Reconnu coupable de crimes, de sodomie sur de jeunes enfants, d’évocation des démons, il fut condamné à la pendaison et son corps livré aux flammes. Mais ces turpitudes n’eurent pas Briollay pour cadre, si toutefois il y vint un jour.
Au nombre des barons de Briollay, citons encore, entre autres, les ROHAN, les MENAGE, une famille d’érudits et de hauts serviteurs du royaume.

               

 LE PALAIS perrin

Le palais de justiceSous la féodalité, les seigneurs de Briollay avaient le droit de basse, moyenne et haute justice. En quelque sorte, un droit de vie et de mort. Cette justice s’exerçait aux VIEUX PALAIS, place de l’Église. C’est un témoignage inestimable de cette époque. C’est l’un des rares édifices civils de ce style dit « PLANTAGENET » encore debout sur ses murs. Il est à rapprocher de l’ancien hôpital ST JEAN à Angers, place La Rochefoucauld, dont une partie abrite le Chant du Monde de Jean Lurçat. Malgré les atteintes du temps, les ajouts intempestifs, il conserve les principales caractéristiques du style :  haute toiture pentue, flanquée d’une cheminée cylindrique en tuffeau. Deux fenêtres en plein cintre, aujourd’hui bouchées, ornent la façade qui comprend un perron et une petite corniche. Sur le côté donnant sur la rue de la Poste, on peut apercevoir deux belles fenêtres géminées, presque intactes. Deux vastes salles occupaient le premier étage. La prison et les cachots étaient au rez-de-chaussée.

 

Vieux Palais 1917
Ce bâtiment inscrit à l’inventaire des monuments historiques, il induit un périmètre protégé. Privé jusqu’en 2013, il est racheté par la commune.

                    

SEIGNEUR, EGLISE, PRIEURE 

Seigneur, Eglise et Prieuré pressuraient les petites gens qui bénéficiaient pourtant de la jouissance d’une partie des riches prairies. Un droit qui leur avait été concédé par les premiers comtes d’Anjou. La vigne et la pêche constituaient des sources de revenus appréciables… pour le seigneur et le clergé qui en percevaient les droits. Ajoutons que la chasse faisait également partie de ces privilèges. C’est la Révolution qui permit à chacun d’exercer ce droit.

Place de l Eglise 1913

 

A la veille de ce bouleversement, le curé LANGEVIN estimait que les pauvres représentaient le sixième des 600 habitants de Briollay. Ceux-ci firent connaître leur extrême misère dans les cahiers de doléances. Ils dénonçaient, entre autres, l’injustice de l’impôt dont étaient exonérés les riches bourgeois d’Angers qui possédaient leur maison de campagne à Briollay. La Révolution installa ses changements administratifs. Hormis quelques faiseurs de zèle, les Briollaytains étaient des gens plutôt calmes. Ils répondirent mollement à l’appel aux volontaires (4 pour 11 demandés).

 

 

Il appliquèrent néanmoins les lois de la République, changeant les noms de lieux, effaçant les armoiries des ci-devant. Ils répondirent aux réquisitions et subirent l’assaut des Vendéens lors de leur marche vers la Normandie. Ceux-ci brûlèrent tous les papiers qu’ils trouvèrent à la mairie. Le curé LANGEVIN et son vicaire Antoine FARDEAU qui avaient refusé le serment à la Constitution Civile du Clergé furent arrêtés et exécutés.

 

Briollay, chef-lieu de canton

En 1801, Briollay devint chef-lieu de canton, regroupant les mêmes communes qu’aujourd’hui autour de Tiercé. A ce titre, le village était le siège de la gendarmerie, de la Justice de Paix, de la Perception et des pompiers. Il en fut ainsi pendant 70 ans. Les changements de régimes, empires, monarchies, républiques, n’affectèrent guère la vie du village où l’on continua d’appliquer docilement les lois en vigueur.
Mais la population n’avait cessé de décroître, entraînant la fuite des artisans et la fermeture des commerces. L’isolement de la commune durant les crues étant l’une des raisons de cet exode des habitants. L’un des maires de cette époque, M. BERGER, fit pourtant des efforts méritoires pour améliorer les communications, engageant financièrement la commune pour la construction de la route d’Angers à Tiercé. Le coup de grâce fut porté par la construction du chemin de fer : la gare ne serait pas édifiée à Briollay, mais à Tiercé, en plein bourg. Du coup, cette commune qui avait déjà vu sa population augmenter et son économie prospérer, revendiqua le Chef-lieu. Ce fut chose faite en 1875.
 Alors, Briollay s’assoupit, réveillé par les citadins qui en avaient fait leur lieu de villégiature favori, ou bien encore par les joyeux échos des vendanges. En effet, la vigne et le vin de Briollay avaient une fameuse réputation jusqu’à l’immédiat avant-guerre (39-45). Durant celle-ci, en 1944, les Allemands firent sauter le pont sur le Loir. Il avait été construit en 1927, en ciment, et remplaçait le vieux pont suspendu en bois, édifiée en 1842. En 44 également, les Américains bombardèrent le pont du chemin de fer, détruisant du même coup 14 maisons. Quant au pont sur la Sarthe, il n’eut pas à souffrir, car il n’existait pas. Seul un bac reliait les deux rives. Des projets avaient été établis en 1873, sitôt abandonnés en raison de la dépense. On en reparlera en 1927, ainsi que d’une levée insubmersible entre Soulaire et Briollay. Les projets furent très avancés mais n’aboutirent pas car certaines communes refusèrent de participer financièrement. Ce n’est qu’en 1960 qu’un ouvrage fut jeté sur la Sarthe.

Pont sur sarthe

Les cinquante dernières années ont vu la commune renaître et sa population augmenter régulièrement. Les coteaux voués jadis à la vigne se sont construits, des équipements modernes ont été mis au service des habitants, plus de deux mille sept cents aujourd’hui.
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